10. Douanes de Dakar – Notre 8e épreuve des 12 travaux d’Astérix

Vendredi 25 janvier 2013

Aujourd’hui nous prenons le taxi pour aller à la douane à Dakar y faire remplir notre CPD.

Notre chauffeur s’appelle Aruna et nous profitons des 85 km à faire par discuter un peu de la façon de vivre des Sénégalais mais surtout il veut parler politique, c’est vraiment leur truc, au point de te demander très directement pour qui tu as voté, et ceci, sans prendre parti, en respectant tes opinions mais en exprimant les siennes. Et cela reviendra dans toutes nos conversations avec des autochtones.

Après 2 heures de route, l’entrée de Dakar nous fait apprécier le fait de ne pas être avec l’Iveco. ceux qui connaissent comprendront. Nous rejoignons la place de l’Indépendance où se trouvent les bureaux de la Douane et demandons M. Dieme, le commandant dont Jean-Paul nous a donné les coordonnées.

Le garde nous envoie au deuxième étage où on nous indique la porte du bureau de M. Dieme, nous toquons, pas de réponse, nous re-toquons, toujours rien, on appuie sur la poignée, c’est fermé à clef, il est absent. Flûte !!!

On décide d’attendre une demi-heure, trois quart d’heure et d’aviser ensuite.

Les bureaux administratifs en Afrique ne valent pas les notres, c’est souvent très vieux, en mauvais état, le matériel de bureau est minime et la plupart des opérations se font manuellement. Ce qui fait des tonnes de papier, que nous voyons, reliés en paquet par des ficelles et entreposés dans les couloirs et dans tous les recoins. Je n’aimerai pas devoir retrouver quelque chose. La comptable qui est en moi est choquée !

Mais on attend toujours alors que des gens vont et viennent mais dans d’autres bureaux.

Au bout d’une demi-heure, je descend demandé au planton à l’entrée si c’est bien M. Dieme qui s’occupe des CPD. C’est le cas, je remonte, mais après 5 mn je vais dans un autre bureau demandé si ce n’est que lui qui s’occupe de ça.

Et là, oh miracle, il me répond qu’en fait ils sont 2 M. Dieme à l’étage et que c’est lui qui s’en occupe. Tiens donc ! Il nous amène dans le bureau du chef qui nous fait nous asseoir et nous délivre une petit « leçon » pourquoi on a fait un passe-avant, il fallait faire tamponner le CPD directement à Rosso,etc… mais qu’ils allaient faire une exception parce qu’on étaient là. On écoute gentiment et on attend la suite.

Et la suite, c’est se rendre aux Bureaux de la Douane au Môle 2 du port, c’est là-bas qu’ils s’en occupent. Merci Monsieur et au revoir.

Aruna nous récupère et nous conduit au môle 2 où il rentre avec nous au cas où un interprète (ou un local)  serait utile, mais aussi il est content d’apprendre comment ça marche pour pouvoir guider d’eventuels futurs clients. Futé le chauffeur !.

Le planton nous envoie au troisième, nous expliquons à un employé ce que nous voulons. Il nous demande les papiers nécessaires : passeport, passe avant, carte grise, CPD et nous le suivons vers un autre bureau où sont installés 2 douaniers en uniforme, très apprêtés, chemises bien repassées, classe quoi. Celui qui hérite de notre dossier, nous dit de prendre place avec les autres personnes qui attendent. Entre-temps Patrick repart avec le premier fonctionnaire pour faire des copies et moi je reste à attendre. Le douanier qui a hérité de notre dossier et de quelques autres, a l’air de mettre la machine administrative en marche. Cela vaut l’observation :

  • il remplit une feuille de demande de tamponnage de CPD
    • il le fait pour 5 dossiers
    • il reprend en main les cinq dossiers et en refait un tas
    • il les inscrit dans un cahier
    • il donne le tas des 5 à sa secrétaire qui les tamponne (assise à un coin de son bureau à lui sur une surface de travail de 20 cm sur 20 cm et 1 stylo et 2 ou 3 tampons devant elle, une enveloppe par terre pour ranger l’argent de ceux qui doivent payer quelque chose et un petit « meuble » en fer où elle range ses ustensiles entre chaque paquet de 5 dossiers)
    • elle lui en refait un tas qu’il glisse dans son cahier puis il se lève pour sonner à la porte du Chef qui dispose d’un ouvre-porte ; puis après 5 min il revient avec le paquet
    • il ouvre un autre cahier ou il inscrit les 5 dossiers et les rend à la secrétaire qui les retamponne (2 tampons) qui ensuite lui les rend
    • enfin, ils les glisse dans le cahier et appelle un des jeunes qui est assis en criant « Section 10)

Tout le monde a suivi ? Moi je me suis bien amusée et il s’en est rendu compte.

Quand le jeune passe la porte avec les dossiers, il me regarde et me dit : alors… qu’est ce que tu attends, tu as bien vu que ton dossier est dans le tas, suis le …. le tout gentiment.

Je le remercie et je suis le coursier à qui je demande la suite des opérations. Et la suite est que quelques  bureaux sont encore à franchir mais c’est en cours. Génial.

Ayant retrouvé mon homme, nous redescendons donc au RDC où nous devons attendre, notre dossier étant dans au Secrétariat Général.

Étant assis dans un carrefour de couloir, nous observons le mouvement semblable à une fourmilière. C’est un éternel va et vient, ils montent et descendent les escaliers, rentrent et sortent des bureaux, vont d’un couloir à l’autre. Et les clients font la même chose et des jeunes viennent livrer à manger et à boire car l’heure de la pause approche… est-ce qu’il ferme ???????

Enfin notre dossier ressort du Secrétariat. On suit notre guide qui nous amène devant un autre bureau, il rentre et nous attendons dehors. Il ressort, nous dit d’attendre, et repart. Nous attendons donc dans ce couloir qui mène à la cantine. Du coup, vu l’heure, il y a vraiment du passage, on se fait même inviter si on veut partager leur repas. Mais bon, on préfère attendre notre papier.

Après 30 min le bureau s’ouvre, on peut entrer. Et bien sûr s’asseoir, dire où on va etc et enfin, d’une belle écriture, il commence à remplir notre Carnet. Je crois que nous retenons tous les deux notre souffle, ne pas crier victoire trop tôt. Mais tout se passe bien et après tampon et signature, bon voyage Madame, Monsieur et au revoir.

Notre guide nous raccompagne sur le pas de la porte et nous sert la main.

YES, Nous l’avons fait, et tout seuls, en seulement 3 heures. Miraculeux.

On retrouve notre chauffeur et après quelques péripéties dans un centre commercial, qui est devenu un centre de bureaux en 2 ans tous les magasins ayant fermés, nous décidons que nous en avons assez de cette ville et retournons à Sally pour y faire des courses. Aruna s’étant démené pour essayer de nous trouver une cafetière italienne (Patrick ayant mis la notre sur le feu sans eau – le joint n’a pas aimé) sans succès, mais en ayant trouvé une au « supermarché » à Saly, nous lui la donnons. Très content, il dit qu’il va trouver le moyen d’avoir un joint, étant très débrouillard. Il repart content et nous également, 35000 CFA  pour la journée ce n’est pas cher.

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